Bronchopneumopathie chronique obstructive

Sommaire

La bronchopneumopathie chronique obstructive fait partie des maladies des poumons, au même titre que, par exemple, l'embolie pulmonaire, l'emphysème pulmonaire ou la pneumonie.

Qu'est-ce-que la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO) ?

La bronchopneumopathie chronique obstructive, ou BPCO, est une pathologie pulmonaire chronique qui se traduit par une diminution irréversible du calibre des bronches. Due à une inflammation des bronches, cette pathologie va en s'aggravant et devient rapidement invalidante.

Elle est liée à :

  • la déformation des bronches et des alvéoles, lesquelles vont perdre leur souplesse ;
  • la destruction des fines membranes qui séparent les alvéoles les unes des autres ;
  • l'épaississement des voies aériennes, ce qui entraîne leur obstruction ;
  • une production excessive de mucus.

Toutes ces résistances des voies aériennes limitent les flux d’air dans les poumons.

Bon à savoir : elle concerne 3 millions de personnes en France (les deux tiers sont non diagnostiquées) et 7,5 % des adultes de plus de 45 ans sont touchés, la BPCO étant responsable de 19 000 morts par an et au niveau mondial elle constitue la 3e cause de mortalité (3,23 millions de décès en 2019).

Facteurs favorisant la BPCO

La première cause de cette maladie des poumons est le tabac (y compris le tabagisme passif, la consommation de cannabis et la cigarette électronique). Celui-ci est en effet responsable de 80 % des BPCO.

Bon à savoir : les personnes ayant été exposées à la fumée de cigarette pendant l’enfance présentent un risque de décéder de BPCO supérieur de 31 %.

D'autres origines et facteurs favorisants peuvent être mentionnés :

  • un faible poids à la naissance, prématurité ou, inversement, un excès pondéral précoce ;
  • une adénoïdectomie durant l'enfance (risque de BPCO multiplié par deux) ;
  • plusieurs maladies virales survenues au cours de l’enfance lorsqu'elles sont répétées : bronchites à répétition, bronchiolites, rhinites allergiques, pneumonies ou encore eczémas (selon plusieurs études) ;
  • les antécédents d'infections pulmonaires ou de tuberculose ;
  • la nutrition ;
  • le surpoids ;
  • un microbiote appauvri ;
  • l'asthme, et notamment l'asthme sévère (risque 32 fois supérieur de développer une BPCO) ;
  • la pollution atmosphérique ainsi que la pollution intérieure ;
  • l'environnement professionnel pour les personnes exposées à la poussière ou aux produits chimiques (métaux, silice, arsenic, plastique, caoutchouc, poussières, textiles végétaux, agriculture…).

Les facteurs de risque s’accumulent au fil de la vie et peuvent conduire à l’apparition de la maladie, souvent vers 60 ans, mais désormais de plus en plus précocement.

Bon à savoir : selon l'Inserm, la consommation de charcuterie favorise l'asthme et la BPCO.

Symptômes de la BPCO

Longtemps asymptomatiques (sans symptômes), les bronchopneumopathies chroniques obstructives se manifestent vers l'âge de 40 ans.

Symptômes de la BPCO

Les BPCO se traduisent après 40 ans par des symptômes respiratoires tels que :

  • une toux devenant de plus en plus chronique c'est-à-dire plus de deux ou trois mois par an (toux du fumeur) ;
  • des expectorations ;
  • un essoufflement (dyspnée) à l'effort puis, progressivement, même au repos ;
  • des infections bronchopulmonaires fréquentes.

Bon à savoir : l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM), de même que l'Agence européenne des médicaments (EMA), a décidé de suspendre les autorisations de mise sur le marché des médicaments à base de fenspiride, utilisés dans le traitement de la toux et de l'expectoration au cours des bronchopneumopathies. Cela est dû à l’identification d’un risque potentiel de troubles du rythme cardiaque. Les marques concernées sont les suivantes : Elofen®, Epistat®, Eurefin®, Eurespal®, Fenspogal®, Fosidal®, Kudorp®, Pneumorel®, Pulneo®, Еуреспал® et Сиресп®.

La BPCO est aussi à l'origine d’une diminution de la masse musculaire et de la force des muscles d’une inflammation généralisée et d’un métabolisme de base accru.

Mais, les symptômes retrouvés ne sont pas exclusivement respiratoires puisque 50 % des personnes touchées présentent également des troubles anxieux et 33 % des troubles dépressifs qui s'observent à différentes périodes au cours de la maladie.

Ces problèmes ne sont pas anodins puisqu'ils :

  • aggravent la dyspnée ;
  • dégradent la tolérance à l’effort ;
  • majorent les sensations de fatigue ;
  • augmentent l’instabilité émotionnelle et nuisent à l’observance du traitement ;
  • favorisent les conduites à risque vis-à-vis de la santé ;
  • altèrent la communication avec les soignants.

De fait, les patients doivent se rendre plus souvent à l'hôpital.

Attention : il est important que le personnel soignant ne banalise pas ces symptômes en les mettant sur le compte d'un trouble de la personnalité inhérent au patient, à l’évolution naturelle de la maladie ou au vieillissement.

Stades

La gravité de l'essoufflement permet de déterminer le stade de la BPCO :

  • Au stade 0, l'essoufflement n'apparaît qu'en cas d'efforts importants et prolongés.
  • Au stade 1, l'essoufflement survient au cours d'une marche rapide (environ 45 % des patients).
  • Au stade 2, l'essoufflement est présent au cours de la marche normale, même en terrain plat (environ 35 % des patients).
  • Au stade 3, l'essoufflement nécessite un arrêt après seulement quelques minutes de marche afin de reprendre son souffle.
  • Au stade 4, l'essoufflement apparaît au moindre effort (environ 20 % des patients pour ces deux derniers stades).

Les stades sont affinés et complétés par la spirométrie, un test permettant d'évaluer la capacité respiratoire du patient (en volume d'air expiré par seconde). Plus le volume expiré est faible et plus il faut de temps pour l'expirer, plus la BPCO est grave.

Cet examen est le plus fiable pour détecter les bronchopneumopathies chroniques obstructives. Il permet de les classer selon leur gravité.

À noter : l'éducation thérapeutique du patient est essentielle pour qu'il sache identifier les symptômes et les situations à risque.

Traitement contre la BPCO

Le traitement de la BPCO consiste à permettre au patient de recouvrer une meilleure capacité respiratoire.

Voici les actions qui peuvent être mises en place pour favoriser cela :

  • Supprimer les facteurs favorisant la BPCO, notamment le tabac, et limiter les expositions aux polluants dans le cadre professionnel.
  • Prendre des antibiotiques. Ils peuvent se révéler nécessaires pour lutter contre les infections.
  • Par ailleurs, on propose en première intention un traitement médicamenteux à base de bronchodilatateurs de courte durée d'action : ß-2-agonistes et anticholinergiques à prendre à la demande (en fonction des besoins) et le choix de l’inhalateur doit être individualisé.
  • En cas de dyspnée quotidienne et/ou d’exacerbations, malgré leur utilisation pluriquotidienne on a recours à :
    • un traitement continu par un bronchodilatateur de longue durée d’action (BDLA) ;
    • un anticholinergique de longue durée d’action (LAMA, pour Long Acting Muscarinic Antagonist) en cas d’antécédent d’exacerbation, il permet de dilater les bronches afin de faciliter la ventilation en cas d'essoufflement. Il peut être nécessaire de prendre un LAMA de façon quotidienne.
  • Dans les stades de BPCO plus sévères (allant de modérés à graves), en deuxième intention on peut associer :
    • des corticoïdes inhalés et un ß-2-agoniste de longue durée d’action (LABA) ;
    • deux BDLA : un LAMA et un LABA (qu'on peut privilégier en raison des risques de pneumonie des corticoïdes inhalés).
  • En traitement de troisième intention, en cas de persistance des symptômes altérant la qualité de vie, on associe LAMA, LABA et corticoïdes.

Toutefois, tous ces traitements restent purement symptomatiques et ils ne permettent pas de ralentir l'évolution de la maladie. De plus, sous-diagnostiquée, la bronchopneumopathie chronique obstructive passe souvent inaperçue et se traduit, pour les patients, par des prescriptions inappropriées ou une prise en charge trop tardive.

  • Une oxygénothérapie peut se révéler nécessaire en cas de BPCO extrêmement sévère (avec insuffisance respiratoire). Elle est mise en place lorsque le patient n'est plus capable de s'oxygéner convenablement de façon naturelle. À noter que c'est ce type de prise en charge qui est instauré en cas d’infection à SARS-CoV-2 (COVID-19), les patients atteints de maladies respiratoires chroniques sévères étant à risque de développer une forme grave de COVID-19. En situation de fin de vie, une démarche d’accompagnement est mise en œuvre précocement.
  • Ces traitements peuvent s'accompagner de séances de kinésithérapie respiratoire. Les exercices proposés permettent de muscler le patient afin de lui permettre de mieux s'oxygéner, notamment au cours d'un effort. La réadaptation respiratoire permet de diminuer les risques de réhospitalisation et de la mortalité. Elle doit être menée assidûment pendant deux ans minimum et fait intervenir une équipe comprenant kinésithérapeute, infirmière, assistante sociale, nutritionniste, psychologue, tabacologue…
  • Chez les patients atteints de BPCO, l'activité physique permet une amélioration des capacités physiques ce qui a des effets bénéfiques sur la dyspnée, la sensation de fatigue, la tolérance à l’exercice et la qualité de vie. Ainsi :
    • les activités d'’endurance augmentent la capacité cardio-respiratoire ;
    • le renforcement musculaire améliore la force et l’endurance musculaires (en particulier des membres inférieurs), ainsi que la capacité cardio-respiratoire ;
    • les activités combinées d’endurance et de renforcement musculaire améliorent encore plus la force musculaire et la capacité cardio-respiratoire.
  • Pour traiter les problèmes cognitivo-affectifs tels que les troubles anxieux et dépressifs, c'est de nouveau l'activité physique qui donne les meilleurs résultats avec une diminution de 15 % du risque de dépression et de 10 % du risque de développer des troubles anxieux.

Quoi qu'il en soit, afin de bien suivre un patient atteint de BPCO tout au long de sa vie et d’éviter les ruptures de soins (notamment entre les secteurs libéral et hospitalier), il est essentiel de s'assurer de la coordination des professionnels et du partage d’informations, grâce notamment aux communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), aux différents soignants, à la messagerie sécurisée, au dossier médical partagé (Mon Espace Santé)…

Ces pros peuvent vous aider